Semaine de 4 jours et évaluation à 360° : 2 décisions RH qui tiennent la route
On ne travaille plus le vendredi depuis deux ans. Et on a remplacé l'entretien annuel unique par une évaluation 360° : quatre rendez vous différents. Voici ce que ça donne après deux ans, chiffres à l'appui, et ce que vous pouvez en retirer pour votre entreprise.

Pourquoi on vous raconte ça
Le pilier social de l'ESG, c'est souvent le plus flou. Une tonne de CO2, ça se mesure. L'engagement réel beaucoup moins.
Du coup, le sujet reste au stade des bonnes intentions. Alors que EcoVadis, B corp ou la VSME (le standard européen de reporting simplifié pour les PME), demandent exactement l'inverse : des pratiques écrites, des actions concrètes et des indicateurs qu'on suit dans le temps.
Nous, on a pris deux décisions. On les mesure depuis et on vous montre les chiffres.
1. La semaine de 4 jours, deux ans plus tard
Ce que ça veut dire chez nous ? L'équipe travaille du lundi au jeudi et le vendredi, personne ne travaille.
Attention, ce n'est pas un 4/5ème. Un 4/5ème, c'est un temps partiel : on travaille moins, on est payé moins. Ici, le salaire reste entier et le contrat reste un temps plein. C'est l'organisation du travail qui change, pas la fiche de paie.
En Belgique, le cadre légal existe depuis la loi du 3 octobre 2022, le fameux « deal pour l'emploi ». Plusieurs formules coexistent, selon qu'on comprime les heures sur quatre jours ou qu'on réduit réellement le temps de travail. Dans tous les cas, ça se prépare : la mesure s'inscrit dans le règlement de travail et suppose un accord clair sur ce qu'on attend de chacun·e.
Nos cinq indicateurs
On suit quatre résultats depuis le départ. Chacun a une source de données précise, parce qu'un chiffre sans méthode ne vaut pas grand chose.
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92,2% de taux de satisfaction de l'équipe en 2026, mesuré via une enquête annuelle
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+20 % de productivité, évaluée chaque mois grâce à des KPI spécifiques par département, suivis dans Monday et Capterra.
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90 % de rétention et 4 % d'absentéisme, calculés à partir des rapports RH et de présence, sur base des mouvements de personnel et des absences non planifiées.
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+12 % de rendement financier, mesuré à partir des états financiers et des rapports de revenus trimestriels.
Aucun de ces chiffres n'est attribuable à la seule semaine de 4 jours mais ce qu'on constate, c'est qu'aucun indicateur ne s'est dégradé, et que plusieurs ont sérieusement bougé dans le bon sens.
Ce qui fait que ça marche
Le vendredi libéré, ça oblige à trancher. Les réunions raccourcissent. Les points de statut deviennent des messages écrits. Les priorités se clarifient, tout simplement parce qu'il n'y a plus de cinquième journée pour absorber le flou.
C'est ça, la vraie leçon. La semaine de 4 jours ne fonctionne pas parce qu'on travaille plus vite. Elle fonctionne parce qu'elle force à supprimer ce qui n'apporte rien.
Cela dit, on a trouvé notre recette, pas une règle universelle. Le même jour pour tout le monde nous convient très bien, mais ailleurs un jour variable selon les personnes serait sans doute plus malin, et ce choix n'est jamais neutre : en Belgique, l'école s'arrête souvent le mercredi midi, donc pour un parent, le mercredi vaut bien plus qu'un vendredi. Il y a aussi les collègues à temps partiel et les métiers qui ne peuvent pas passer à quatre jours : eux aussi doivent y gagner quelque chose, sinon la mesure divise au lieu de rassembler.
La semaine de 4 jours est autant une décision d'équité qu'une décision d'organisation, et ça se travaille en parallèle.
2. L'évaluation à 360°, dans un dispositif en quatre temps
Le principe
Dans une évaluation classique, une personne est évaluée par son ou sa responsable. Dans une évaluation à 360°, elle reçoit aussi les retours de ses collègues et des équipes avec lesquelles elle travaille au quotidien. D'où le nom : un tour complet.
Chez nous, ce 360° est le premier de quatre rendez vous dans l'année. Parce qu'un seul grand entretien annuel, ça ne suffit pas : tout le monde essaie de se rappeler ce qui s'est passé onze mois plus tôt, et on finit par parler de souvenirs plutôt que de faits.
Nos quatre rendez vous de l'année
Pour assurer un suivi régulier des performances, du bien être et de l'évolution professionnelle, on organise quatre évaluations par an. Chacune a son propre objectif.
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Mars : l'évaluation 360°. On recueille les feedbacks des collègues, pour nourrir une dynamique de collaboration positive dans l'entreprise.
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Juin : revue des objectifs et point de mi année. On suit l'avancement des objectifs fixés en début d'année, et on prend aussi le temps du ressenti.
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Septembre : évaluation du rôle de Head Of. On se concentre sur la gestion du rôle, l'avancement des responsabilités associées et les ajustements éventuels.
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Décembre : bilan annuel. Bilan global de l'année écoulée, révision des objectifs, et structuration des priorités pour l'année suivante.
Quatre moments, quatre objectifs différents. C'est ce découpage qui évite l'effet grand oral de fin d'année.
Pourquoi on a choisi ce format
Parce que ça met en lumière le travail d'équipe. L'entraide, les coups de main, le collectif : tout ce qu'une évaluation classique ne voit jamais.
Parce que c'est plus équitable. On gomme les biais, on évite qu'un seul avis pèse trop lourd.
Parce que ça fait remonter des choses qu'aucune case de formulaire ne relèvera jamais. Les bonnes infos, celles qui comptent.
Depuis la mise en place de ce modèle d'évaluation, le taux de réponse interne est de 100 %. Tout le monde complète les feedbacks demandés sur ses collègues.
Ça peut sembler anecdotique mais ça ne l'est pas. Un 360° qui tourne à 60 % de réponses donne une image partielle, et souvent la moins utile : ce sont les retours les plus tièdes qui manquent à l'appel. À 100 %, on a la photo complète alors que la participation est volontaire.
Ce que ça a donné en un an
La communication entre nos équipes Sales et Consulting s'est améliorée, là où il y avait parfois des angles morts que personne n'avait jamais formulés à voix haute.
Un programme « Head of » est né, qui permet à chacun·e de se spécialiser et de faire grandir son expertise sur un domaine précis. Il a maintenant son propre rendez vous d'évaluation, en septembre.
Et pour le management, une vraie sérénité. Quand les signaux remontent quatre fois par an et de plusieurs sources, on pilote sur des faits plutôt que sur des impressions.
À retenir. Ces deux décisions reposent sur le même pari : donner de l'autonomie, et mesurer ce que ça produit. Sans mesure, une bonne intention reste une bonne intention. Avec mesure, elle devient un indicateur social défendable devant un client, un auditeur EcoVadis ou une banque.
Par où commencer chez vous ?
Pas besoin de tout lancer en même temps. Voici 3 conseils pour vous lancer.
Étape 1 : prenez la photo de départ
Avant de changer quoi que ce soit, mesurez où vous en êtes aujourd'hui. Sinon, dans un an, vous n'aurez aucun moyen de savoir si votre décision a fonctionné, et vous en serez réduit·e à des impressions.
Concrètement : une dizaine de questions, anonymes, envoyées à toute l'équipe, avec des réponses chiffrées de 1 à 10. Satisfaction générale, charge de travail, clarté des priorités, qualité de la collaboration entre services. Vous la renvoyez telle quelle chaque trimestre, sans changer les questions, sinon la comparaison ne vaut plus rien.
Sortez en même temps trois chiffres que vous avez déjà dans vos systèmes : votre taux d'absentéisme, votre taux de rotation du personnel et le nombre de recrutements de l'année. C'est votre point zéro.
Étape 2 : découpez votre évaluation annuelle
Chez nous, c'est quatre rendez vous par an. Ça fonctionne pour une équipe de notre taille, avec des rôles qui évoluent vite. Ce ne sera pas forcément votre rythme, et c'est très bien comme ça.
La récurrence est propre à chaque organisation. Elle dépend de votre taille, de vos métiers, du temps que vos managers peuvent réellement y consacrer. Deux moments bien menés valent mieux que quatre expédiés.
Ce qui compte, c'est d'avoir un système solide : des objectifs clairs, une trame écrite, un vrai temps de préparation des deux côtés, et des décisions qui suivent l'entretien. Une fois ce socle en place, vous ajustez la fréquence et vous voyez si le 360° a du sens chez vous.
Étape 3 : testez la semaine de 4 jours sur une équipe
Le vendredi libéré, c'est notre réponse à nous à la question de l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ce n'est pas forcément la vôtre.
Plutôt que de copier une pratique vue ailleurs, posez la question à vos équipes. Un focus group avec votre RH et une dizaine de personnes venues de services différents, deux heures, une question simple : qu'est ce qui améliorerait vraiment votre quotidien ?
Les réponses surprennent souvent. Ce sera peut être la semaine de 4 jours. Ce sera peut être des horaires plus souples, un jour de télétravail garanti, la fin des réunions après 16h ou une vraie politique de déconnexion. Vous aurez alors une mesure que vos équipes ont demandée, et non une mesure décidée d'en haut en pensant leur faire plaisir.
Et côté certification
Ces trois étapes alimentent directement votre pilier social : conditions de travail, développement des compétences, dialogue interne. C'est précisément ce que vos clients et les référentiels comme EcoVadis ou B Corp viennent chercher dans leurs questionnaires.
Et ils ne demandent pas seulement si la pratique existe. Ils demandent depuis quand, comment vous la suivez et ce qu'elle a produit. D'où l'étape 1.
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On accompagne les PME belges qui veulent transformer leurs pratiques RH en indicateurs solides, utiles à la fois pour leurs équipes et pour leurs certifications.
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